L’expression artistique doit elle représenter fidèlement la réalité ? Ou, au contraire, la transcender en en proposant une alternative plus fantaisiste ?

C’est la question que m’ont inspiré les toiles de l’artiste Patrick Kramer.

Basé en Utah (USA), ce dernier a clairement choisi son camp. A l’image de ce que proposent certains sites offrant de changer vos photos préférées en peintures (comme le site Peignez Votre Vie, par exemple), ce peintre fait de ses toiles un miroir quasi parfait de la réalité.

On est d’abord étonné par l’abondance des détails et la précision du trait. Difficile en effet de distinguer ses œuvres d’une véritable photo !

Mais ce que je trouve fascinant, c’est les thèmes de ses peintures. L’artiste représente souvent des sujets d’apparence banals, qu’il prend un soin méticuleux à reproduire le plus loyalement possible.

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Pourquoi passer autant de temps sur une peinture pour recopier une scène aussi commune qu’une voiture lambda garée dans une rue de banlieue ?

Patrick Kramer s’explique sur sa motivation artistique:

Je dirais que c’est une expérience unique pour le spectateur. On aborde une peinture vraiment différemment d’une photographie… Les gens passeront avec une relative indifférence devant une toile hyper-réaliste, pensant qu’il s’agit d’une photo. Mais lorsqu’on leur dit que c’est une peinture, ils s’y reprendront à deux fois. Ils reviennent la scruter, cherchant les traces de pinceau.

Je me suis rendu compte que l’attrait pour la peinture figurative depuis l’avènement de la photographie est dû en grande partie au procédé même de la peinture. Même si l’image en elle-même  ressemble à une photographie ordinaire, une intensité psychologique se dégage du travail à la main, par la méthode lente et laborieuse de l’artiste, la concentration intense, et la myriade de décisions artistiques induites derrière la création de l’image. Dans mon travail, j’attends que les spectateurs sentent cette tension entre la photographie et le travail artisanal – entre l’instantané et le prolongé, l’omniprésence et l’unique, l’impartial et le personnel.

Un processus créatif laborieux

Kramer est diplômé en art depuis 2008 à la Brigham Young University, une université située en Utah. Il exerce en tant que peintre professionnel depuis lors.

Chaque œuvre lui prend entre 50 et 300 heures de travail. Justement, ses réalisations commencent généralement par des photos.

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D’abord il lui vient une idée. Ensuite, il réunit du matériel, prend des douzaines de photos, joue avec elles sur Photoshop.

Ce n’est que lorsqu’il a créé l’image finale que le fastidieux travail de peinture peut commencer.

C’est à vous ! Que pensez de cette démarche artistique particulière ? Ce type d’œuvres vous inspire-t-il une quelconque émotion ? Partagez vos impressions en commentaires !

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2 Réponses

  1. Morgan

    J’ai justement étudié les oeuvres des peintres hyperréalistes en philo dans un cours sur l’Art en prépa. Et justement nous avions vu que ces oeuvres étaient tout sauf subordonnées à la réalité puisque ce qui est métaphorisé (le travail du peintre, le fait que la peinture ne soit pas de la photographie, etc.) est totalement différent de ce qui est dénoté (les voitures, tout les éléments banals du réel), et l’intérêt du tableau est justement ailleurs que dans ce qui est montré littéralement.

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