Pour commencer cet article en beauté, j’aimerais vous conter une anecdote aperçue sur l’excellent site américain The Creativity Post. Elle concerne Richie Havens, célèbre bluesman et soulman, lors de son passage sur scène au mythique festival de Woodstock en 1969.

Celui-ci fut un peu chaotique. En effet, Havens n’avait pas prévu de jouer en premier ce soir là.

Mais comme les routes d’accès à la scène étaient bouchées par les milliers d’amateurs de musique, les autres musiciens ont eu des difficultés à la rejoindre. La programmation a pris du retard et il fallait occuper la foule.


Les promoteurs ont alors approché Richie Havens en hélicoptère pour lui demander d’assurer le show en attendant que les autres groupes arrivent sur place. Comme il n’était accompagné que de deux autres musiciens sans matériel encombrant, il grimpa dans l’hélicoptère et s’installa sur scène quelques minutes après.

Voilà donc l’homme face à 500 000 fans de musique, sommé de les divertir en attendant que les autres groupes viennent le relayer.

Que se passe-t-il alors dans son esprit à ce moment précis ? Comment a-t-il réussi à surmonter ce stress ? Et surtout, comment en est-il venu à improviser, de manière totalement spontanée, la dernière chanson de son passage sur scène ?

Interrogé, voici ce qu’il déclare:

Autant que je pouvais voir, il y avait des gens partout jusqu’à l’horizon. Au départ lorsque j’ai commencé à jouer, j’étais perdu dans mon esprit, essayant de prendre mes marques. Puis je me suis dit: « ne penses pas à eux comme des centaines de milliers de personnes. Pense à eux comme s’ils n’étaient qu’une seule personne. Et c’est ce que j’ai fait.

J’ai regardé la foule juste devant la scène et imaginé quelle était la tête de ce large corps. Puis les gens derrière eux, les épaules. Ceux de derrière, la poitrine. Tout le long, jusqu’aux pieds. Ça n’était plus 500 000 personnes à qui je chantait, c’était une seule personne qui était étendue dans l’herbe, bougeant sur ma musique. Et c’est ainsi que je me suis connecté à eux.

Dans un autre registre, voici un autre témoignage repéré par pur effet de sérendipité en cherchant des infos sur le site des Inrocks. Angus & Julia Stone (que je vous conseille, au passage), deux artistes de musique folk américaine, parlent de la composition d’une chanson présente sur leur dernier album.

Il s’agit du titre Crash and Burn, joué et enregistré en une seule prise lors d’une soirée arrosée et enfumée.

Ce morceau n’était pas prémédité, on a appuyé sur le bouton « enregistrer » et il est venu tout seul. C’est dans ces moments de lâcher-prise qu’on est souvent le plus inspirés, comme lorsqu’on donne un concert le lendemain d’une nuit très courte. Souvent, le processus créatif se résume à la recherche de cette sensation, de cette perte de contrôle. Ça revient à chercher cet espace qui se situe entre l’éveil et le sommeil : tout vous semble chaud, flou, vous n’appartenez plus à aucun des deux mondes.

On voit donc que l’état d’esprit dans lequel on se trouve et le détachement qu’on peut faire par rapport à un état mental particulier peut permettre de favoriser la créativité. Mais il existe d’autres techniques pour faire rappliquer votre muse créative au galop, et c’est ce que nous allons aborder dans la suite de cet article !

Apprivoisez votre inspiration musicale !

Keith Richards a imaginé l’air de guitare du hit « Satisfaction » en rêve… John Lennon a créé certaines de ses plus belles pièces musicales lorsqu’il se trouvait sous l’emprise de drogues, donc dans un état mental modifié… Heureusement, rassurez-vous, pas besoin d’être drogué ou d’attendre patiemment que l’inspiration vous vienne en songe !

John Rink, professeur d’études en performance musicale à l’Université de Cambridge, explique:

Nous avons découvert que même les activités les plus banales peuvent nourrir la découverte de nouvelles intuitions, de nouvelles connaissances et de nouveaux moyens d’exprimer des idées de toutes sortes de façons. Le potentiel est infini.

Son équipe a trouvé quatre ingrédients essentiels à la réalisation de l’expression créative lors d’une performance. Il s’agit de la liberté, la flexibilité, le sentiment d’être dans l’instant et un engagement à « donner » la musique à un public, même si ce public n’existe que dans l’imagination du musicien.

En résumé, la capacité à se détacher du moment, à s’abandonner sans crainte du jugement et à offrir sans retenue ce que l’on a de plus intime.

Besoin de conseils plus concrets ? Alors suivez ces 7 conseils pour réveiller votre muse créative !

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Votre Muse a besoin d’espace pour travailler

Éteignez la télé, le téléphone, déconnectez Internet, et dites à votre famille que vous n’êtes pas disponibles pendant une ou deux heures. La création musicale est un exercice mêlant spontanéité, créativité, technique mais aussi… du travail.

Votre Muse aime être nourrie

Chaque jour, exposez-vous à une variété d’influences musicales, et pas seulement les styles que vous avez l’habitude d’écouter. Les artistes le savent mieux que personne: s’éloigner de son confort, se confronter à d’autres cultures, d’autres influences permet presque toujours de raviver sa créativité.

Votre Muse a besoin de votre concentration

Prêtez une attention particulière à ce que vous écoutez: qu’est-ce qui vous plaît (rythme, arrangements, sonorités…) ? Comment ce style de musique fait-il passer des émotions ? En quoi est-ce différent de la façon dont vos musiques habituelles font passer les émotions ?

Votre Muse a besoin que vous la suiviez là où elle vous mène

Et oui, elle ne peut pas tout faire pour vous ! Vous avez aussi votre rôle à jouer. Lorsque votre Muse vous donne quelque chose, une intuition, exploitez-là immédiatement. Travaillez-la et jouez avec ! Et si vous ne pouvez pas le faire sur l’instant, notez-la ou enregistrez-là absolument quelque part. Car peu importe à quel point votre mélodie semble extraordinaire, elle vous échappera aussi rapidement qu’elle vous est venue. in.

Votre Muse a besoin que vous vous rappeliez ce qu’elle vous chuchote

Cela rejoint le conseil précédent. Gardez un carnet de notes (ou Evernote) ou un enregistreur toujours à portée de main près de votre lit. Les premières secondes après votre réveil vous offrent la meilleure opportunité de vous rappeler clairement de vos rêves. Disciplinez-vous pour les garder sur un support, même s’ils ne contiennent pas de musique.

Et quand vous vous réveillerez avec une chanson des Beatles étrangement non-familière dans la tête, écrivez-la ou enregistrez-la. Il est possible que ça ne soit pas une chanson des Beatles en réalité, mais votre Muse qui joue à cache-cache avec vous !

Votre Muse travaille pour vous

Si vous vous asseyez simplement avec votre clavier, guitare, ordinateur ou même avec un bloc note dans un état mental réceptif, votre Muse se montrera plus souvent que vous ne le pensez. Pourquoi ? Parce-qu’elle se cache dans votre subconscient en attendant une seule chose: votre totale réceptivité.

Une fois que vous avez trouvé comment l’activer, vous accédez à un tout autre niveau en tant que compositeur. Si vous définissez un moment et un lieu pour travailler paisiblement, votre Muse saura alors quand et où apparaître.

Votre Muse est capricieuse

Bien entendu. même en suivant tous ces conseils, il se peut que votre Muse se joue de vous de temps à autres. Ne vous découragez pas, l’inspiration n’est pas une science infaillible ! Persévérez en prenant les conseils ci-dessus pour ce qu’ils sont: des lignes directrices.

Et vous, jouez-vous d’un instrument ? Comment faites-vous pour trouver l’inspiration ? Partagez vos expériences en commentaires, cela fera un excellent complément à cet article !

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