Une étude de 2009 révélait qu’un Français sur trois avait déjà écrit ou projeté d’écrire un livre. C’est énorme !

Plus récemment, pendant le confinement, plus de 5 millions de personnes ont débuté l’écriture d’un manuscrit en France (soit une personne sur dix).

L’écriture d’un roman est donc un projet qui fait rêver. Mais entre le rêve et la réalité d’un récit concret, palpable, il y a souvent un monde.

L’exercice demande des efforts soutenus, de la persévérance, des phases de démotivation ou de blocages créatifs…

Bref, il s’agit bien plus que de simplement coucher le fruit de son imagination sur le papier.

Est-ce une raison pour se décourager à l’avance ? Non, mille fois non !

Lisez attentivement les conseils qui suivent. Ils vous expliqueront la marche à suivre pour développer votre roman avant, pendant et après son écriture.

En les suivant, vous éviterez un certain nombre de difficultés auxquelles est confronté tout auteur d’un premier roman.

Bien s’outiller pour l’écriture de son roman : les logiciels d’écriture

Avant de vous lancer dans la réflexion et l’écriture à proprement parler, il vous faudra définir le type d’outil que vous souhaiterez utiliser pour donner vie à votre intrigue. Les logiciels d’écriture rencontrent aujourd’hui un franc succès auprès de nombreux auteurs.

Ces outils numériques vous inviteront à la rédaction sans que vous ayez à vous soucier des contraintes rédactionnelles ou des détails de syntaxe.

Ce support d’écriture et de traitement de texte vous permettra de concevoir votre projet littéraire en toute liberté et créativité. Ce type de logiciel compatible Windows et Mac offre des fonctionnalités optimales au niveau du graphisme et de l’affichage (clarté des textes, présentation globale et intuitive de l’ensemble des écrits et des notes) et de l’efficacité (rapidité dans la capacité dactylographique, options de traitement de données et d’analyse).

Afin de choisir un logiciel pour écrire un roman, considérez donc ces éléments et le point n°9 de cet article pour plus de détails.

Avant d’écrire : on prépare le terrain

Produire un récit n’est pas un sprint, mais un marathon. Plus vous préparerez le terrain en amont, et plus vous aurez de chances de le mener à terme.

Les étapes suivantes vous aideront à faire face aux pannes d’inspiration en fournissant une base solide à votre histoire. Lorsque vous aurez terminé cette première partie dédiée à la planification de votre roman, vous obtiendrez normalement l’architecture de votre intrigue :

Mon histoire est un roman de [genre] sur [thème]. Elle est racontée de [perspective] et se situe dans [lieu et période]. Elle suit [protagoniste], qui veut [objectif] parce que [motivation]. Mais [conflit] ne rend pas cela facile, mettant [l’enjeu] en danger.

C’est parti !

1. Définissez l’idée fondatrice de votre histoire

Une étape qui semble certes évidente, mais qui n’est pas si facile à gérer dans les faits.

Avant de penser « univers », « personnages » ou « intrigue », votre préoccupation principale devrait consister à dégager le message de fond que vous souhaitez faire passer à travers votre histoire.

Si vous éprouvez quelques difficultés à ce stade, ne vous inquiétez pas. Partez des grands genres universels avant d’affiner pour trouver un angle original.

Exemples : amour, aventure, conquêtes, etc.

Si vous avez mûri une idée d’histoire, mais que vous avez du mal à lui donner corps, essayez d’écrire une ou deux lignes sur le thème de votre livre.

Le message qui se cache derrière votre livre est son thème, et il soutiendra l’histoire dans son ensemble.

Par exemple, 1984 de Georges Orwell suit un homme qui aspire à l’amour dans un monde où l’individualité et la pensée originale ne sont pas seulement un péché, mais un crime.

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Mais en filigrane, le livre traite du droit fondamental de l’homme à la liberté de penser et au droit à la vie privée.

2. Lisez des livres du genre de votre futur récit

C’est un conseil de l’immense Stephen King (un auteur prolifique s’il en est) que tout apprenti écrivain devrait considérer : avant d’écrire, lisez !

Si vous voulez que votre roman soit attrayant pour les lecteurs potentiels, vous devez d’abord comprendre comment pensent ces derniers.

Pour commencer, vous aurez un aperçu de ce qui a déjà été fait et pourrez vous concentrer sur la création de quelque chose de nouveau.

Cela vous donnera également une idée de ce qui a rencontré du succès dans un genre donné, et vous comprendrez les attentes des lecteurs.

L’idée ici n’est pas de se contenter de lire des romans, mais de les étudier. Quels sont les ingrédients qui en ont fait des réussites ?

Concentrez-vous sur leur message (comme évoqué plus haut), leur univers, la personnalité de leurs personnages, le rythme du récit…

Posez-vous cette simple question : en quoi ce roman se distingue-t-il des milliers d’autres sur le même thème ?

Soyez méthodique, notez tous ces indices quelque part et lisez aussi leurs critiques sur internet. Les professionnelles, bien sûr, mais aussi – et surtout – celles des lecteurs. Ce sont eux les mieux placés pour vous offrir de précieux enseignements.

3. Déterminez le point de vue de votre livre

Vous connaissez sans doute le principe du téléphone arabe ? À mesure qu’une info passe de bouche en bouche, elle a tendance à s’éloigner de plus en plus de la vérité.

C’est parce que chaque fois qu’une personne raconte une histoire, elle y ajoute inévitablement ses propres préjugés, pensées et perspectives.

Voilà pourquoi le choix du point de vue à partir duquel votre roman sera raconté est une étape extrêmement importante dans le démarrage de votre roman. Il aura en effet un impact énorme sur l’histoire elle-même.

Voici les différents points de vue que vous pourriez envisager :

Première personne : l’histoire est racontée du point de vue du narrateur, qui utilise le « je » pour s’exprimer.

Deuxième personne : le lecteur est interpellé directement et lui demande de se mettre à la place d’un personnage. Le pronom principal utilisé est « tu ».

Troisième personne « limitée » : le narrateur ne possède qu’une compréhension limitée des évènements (ex : un détective qui avance dans son enquête). Il ne peut entrevoir que les pensées et les sentiments d’un seul personnage à la fois.

Troisième personne « omnisciente » : le narrateur sait tout et peut révéler tout ce qui arrive à un personnage à n’importe quel moment de l’histoire.

4. Posez le contexte

Le contexte ou le cadre d’une histoire dictera tout à son sujet : du personnage à l’intrigue en passant par le conflit, et au-delà.

Si vous envisagez d’écrire sur un contexte qui ne vous est pas familier, assurez-vous de faire les recherches nécessaires.

Exemple : si vous vous attelez à un roman historique, documentez-vous en profondeur sur la période en question. Façons de s’habiller, habitudes / quotidien des gens à cette époque, langage et expressions typiques, etc.

Recherchez des anecdotes relatives à ce lieu et cette époque précise.

Toutes ces recherches participeront à crédibiliser votre histoire et lui feront gagner en profondeur.

5. Développez vos personnages principaux

Partez du héros principal avant de creuser les personnages secondaires.

Voici par où vous pouvez commencer :

L’objectif : que veut votre personnage ? Par exemple, l’objectif d’Harry Potter est de vaincre son ennemi juré Lord Voldemort.

La motivation : pourquoi votre personnage a-t-il cet objectif ? Harry doit vaincre Lord Voldemort pour assurer la sécurité du monde des sorciers et pour venger ses parents assassinés.

Dynamique ou statique : quelle évolution connaîtra votre personnage ? Subira-t-il des changements fondamentaux au cours de l’histoire ou restera-t-il en grande partie le même ?

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Une fois ces éléments fondamentaux établis, vous pouvez commencer à explorer d’autres aspects de vos personnages :

  • Créez un profil de personnage qui couvre tous ses aspects, de son apparence à ses amis / famille, ses passions / hobbys, ses tics, ses forces et ses faiblesses, ses défauts… Examinez le passé et les éventuels traumatismes, erreurs, errances de votre personnage pour ajouter encore à sa profondeur (cherchez sur Internet « développement de personnage » pour en savoir plus sur cette étape).
  • Donnez à votre personnage le nom parfait. Sachez d’ailleurs à ce sujet qu’il existe des générateurs de noms de personnages.

6. Établissez le conflit et les enjeux

L’écrivain américain Kurt Vonnegut a dit un jour que l’un des types d’histoires les plus universels est celle de « l’homme dans le trou » (Man In Hole).

En résumé : quelqu’un a des ennuis et essaie ensuite de s’en sortir. L’histoire du « garçon qui perd sa petite amie » (Boy Loses Girl) la suit de près : quelqu’un a quelque chose, le perd, puis essaie de le récupérer.

Pour l’anecdote et votre culture, des chercheurs ont analysé des données provenant de milliers de romans grâce à la technique du « text-mining ». Ils ont découvert qu’il existe 6 types d’histoires de base (des sortes d’archétypes) qui constituent les éléments constitutifs d’histoires plus complexes :

  1. De rien à tout – une progression continue de la mauvaise à la bonne fortune
  2. De tout à rien – une chute du bon au mauvais (= une tragédie par exemple)
  3. Icare – une ascension suivie d’une baisse de fortune
  4. Œdipe – une chute, une remontée puis une nouvelle chute
  5. Cendrillon – une ascension, une chute puis une nouvelle ascension
  6. L’homme dans le trou – la chute, puis l’ascension

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a toujours un conflit à l’origine de l’histoire – c’est ce qu’on appelle « l’élément perturbateur ». S’il n’y en avait pas, un roman ne serait qu’un long reportage.

Le conflit est ce qui, pour les lecteurs, rendra intéressant le chemin de votre personnage pour atteindre (ou ne pas atteindre) son objectif. Dit autrement, c’est la somme totale des obstacles que le protagoniste rencontre en chemin.

Dans les romans, il existe deux grandes catégories de conflits. Et pour que la lecture soit vraiment captivante, il est bon d’inclure les deux :

Le conflit interne : quels types de défauts de caractère gêneront le protagoniste pendant qu’il s’efforce d’atteindre son but ?

Par exemple, le conflit interne de Frodon dans Le Seigneur des Anneaux est de ne pas laisser l’anneau le corrompre.

Le conflit externe : quels types de circonstances et d’obstacles échappant au contrôle du protagoniste l’empêcheront d’atteindre son but ?

Ex : Sauron a rendu la route vers la Montagne du Destin (et la destruction de l’anneau) presque impossible.

Une fois les principaux conflits de votre roman réglés, vous devez déterminer les enjeux : que se passera-t-il si le conflit submerge le personnage et qu’il n’atteint pas son but ?

Par exemple, Frodon veut détruire l’anneau – mais pourquoi ? Simplement parce que le sort de la Terre du Milieu est en jeu.

7. Créez un schéma

Dans le monde de l’écriture de fiction, on dit souvent qu’il y a deux sortes d’écrivains : les plotters, qui planifient, et les pantsers qui improvisent.

Les plotters planifient la direction que prendra leur roman avant de commencer à écrire. Les pantsers, au contraire, ont généralement une idée générale du déroulement de l’histoire, mais s’en remettent à l’inspiration du moment lorsqu’ils écrivent.

En tant que débutant, je ne saurais trop vous suggérer de suivre l’exemple du plotter et de créer un plan.

Lorsque vous vous heurterez inévitablement au syndrome de la page blanche, votre plan vous sera d’une grande aide en vous rappelant ce qui doit se passer à un instant T de votre histoire. Dans tous les cas, cela vous fera gagner beaucoup de temps.

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Le plan, votre arme contre les blocages créatifs

Il existe d’innombrables façons de créer la trame d’un roman, mais voici quelques méthodes éprouvées à envisager :

  • La carte mentale : créez une représentation visuelle des points de l’intrigue, des personnages, des thèmes, des conflits et des chapitres.
  • Le synopsis : un plan plus détaillé qui couvre brièvement tous les éléments principaux de l’histoire sur deux ou trois pages : l’intrigue, les personnages, les conflits et les thèmes.
  • La feuille de rythme : décrivez les différents rythmes de l’histoire de manière synthétique. Chaque « rythme » individuel doit recevoir un point d’une liste à puce ou un chiffre.
  • Le squelette : notez simplement les points clés de l’intrigue. Considérez que c’est une feuille de route où seules les destinations les plus importantes sont marquées – à vous de choisir comment vous y arriverez.
  • Les personnages d’abord : laissez vos personnages diriger les grandes lignes de l’intrigue en définissant leur développement, leurs arcs narratifs au cours de la planification de l’intrigue.

8. Choisissez la structure de votre histoire

Toutes les histoires ont un début, un milieu et une fin. Pourtant, vous pouvez changer radicalement la façon dont les lecteurs perçoivent votre roman en modifiant la structure de la vôtre.

Différentes techniques existent pour cela :

  • La courbe de Fichte, qui fait l’impasse sur la chronologie traditionnelle d’une histoire pour plonger le lecteur directement dans l’action.
  • In Media Res, qui commence avec ce qui serait classé comme le « milieu de l’histoire » dans la structure traditionnelle en trois actes.
  • La structure d’histoire en sept points, qui, tout comme le « voyage du héros » (un autre arc classique), présente l’histoire comme une série de hauts et de bas.

Pendant l’écriture : réflexion, méthode et projection

Si vous pouvez accomplir les huit étapes ci-dessus, vous êtes en bonne voie pour aller jusqu’au bout de votre démarche.

Une fois toutes les bases de votre histoire jetées, il ne vous reste « plus qu’à » commencer à écrire !

Les quatre conseils qui suivent vous aideront à y parvenir.

9. Décidez comment écrire votre roman

Comment allez-vous écrire votre roman ? Avec du papier et un crayon ? Avec Word ? À l’aide d’un logiciel d’écriture de roman ou d’un outil de mise en page ?

Faites vos recherches et choisissez la meilleure solution pour vous.

Voici quelques exemples pour vous aider à démarrer :

  • FocusWriter : pas de fioritures ici. Le but de cette application est de vous fournir une page blanche et une bonne dose de concentration.
  • WriteMonkey : Une interface spartiate, à l’exception d’un compteur de mots et d’une horloge.
  • Calmly Writer : si vous avez la mauvaise habitude de sauter d’une scène à l’autre au point de ne jamais réussir à en finir une, le « mode focus » de cette application vous conviendra en ne vous montrant que le paragraphe en cours d’écriture.
  • 750 Words : si vous avez besoin d’un petit coup de pouce pour vous motiver et vous responsabiliser, c’est l’application qu’il vous faut. Elle vous encourage à écrire 3 pages (ou 750 mots) chaque jour, et vous propose des fonctions pour vous aider à le faire par exemple un tableau de statistiques qui révèle votre vitesse moyenne d’écriture.

Ce type d’applications peut se révéler être d’une aide précieuse dans votre quotidien d’aspirant écrivain.

10. Écrivez pour vendre

Il est ici question de psychologie, d’empathie… et de marketing.

Posez-vous la question : qui voudra lire votre livre ? Pensez au type de personne qui achètera votre livre, et écrivez en pensant à elle.

Si vous avez du mal à identifier le marché cible de votre livre, tentez d’établir le portrait robot de vos futurs lecteurs (en marketing on appelle ça un persona):

  • Quel âge ont-ils ?
  • Quels genres lisent-ils ?
  • Quels sont leurs passe-temps ?
  • Quels sont leurs auteurs préférés ?
  • Quels sont leurs films préférés ?
  • Vivent-ils dans un endroit précis ?

Continuez jusqu’à avoir une image claire de votre cœur de cible.

11. Fixez-vous une routine d’écriture

C’est en forgeant qu’on devient forgeron, dit l’adage.

Décidez d’un temps de rédaction non négociable, que ce soit par jour ou par semaine, pendant lequel vous vous engagez à écrire. Sauf en cas d’urgence, vous ne prévoyez rien d’autre pendant ce temps.

Quantifiez vos progrès. Fixez-vous des objectifs réalistes (peut-être un nombre de mots ou de pages) que vous pouvez atteindre, puis célébrez ces « petites victoires ». Le fait de diviser la tâche d’écriture d’un roman en petites étapes, puis de reconnaître quand vous avez franchi ces étapes, rendra le processus non seulement plus facile à gérer, mais aussi plus amusant.

Parlez-en autour de vous ! Au fur et à mesure de l’avancement de votre roman, parlez-en avec d’autres personnes. Cela vous aidera à vous responsabiliser : si vous partagez votre projet avec les autres, vous vous imposez une pression qui peut vous être bénéfique quand l’idée d’abandonner vous tente…

Après avoir terminé votre première ébauche

Ouf, votre première ébauche est achevée. Vous pensez que c’est fini ? Think again !

Maintenant, il est temps de peaufiner votre œuvre pour transformer ces mots en une histoire mémorable.

12. Envisagez les dispositifs et les techniques littéraires

Les dispositifs littéraires sont des techniques que les écrivains utilisent pour exprimer leurs idées et améliorer leur écriture. Ils mettent en évidence les concepts importants d’un texte, renforcent le récit et aident les lecteurs à se rapprocher des personnages et des thèmes.

Ces dispositifs servent un large éventail d’objectifs en littérature.

Certains peuvent fonctionner sur le plan intellectuel, tandis que d’autres ont un effet plus émotionnel. Ils peuvent également agir de manière subtile pour améliorer le flux et le rythme de votre écriture.

Parfois, il est difficile de savoir pourquoi certains romans vous marquent plus que d’autres. Et la réponse se trouve peut-être dans les techniques littéraires utilisées, qui fonctionnent mieux chez vous que d’autres.

Vous pouvez ajouter un certain je ne sais quoi à votre propre écriture en utilisant des artifices littéraires tels que le Fusil de Tchekhov, l’ironie ou encore le foreshadowing (qu’on peut traduire par « présage »).

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Il existe d’innombrables autres procédés littéraires, mais tous servent le même but : créer une tension tout au long de votre histoire.

13. Révisez votre histoire

Préparez-vous à l’idée : l’édition de votre propre histoire ne se fera pas d’une traite.

Chaque fois que vous la lirez, vous finirez probablement par réécrire des parties, ce qui nécessitera une autre lecture et entraînera peut-être d’autres réécritures, etc.

Pour éviter de rester bloqué dans un cycle sans fin, prenez votre temps. Parcourez votre roman à la recherche de problèmes spécifiques et ne corrigez que ceux-là.

Si vous repérez d’autres problèmes entre-temps, notez-les pour y revenir et les résoudre plus tard, mais restez concentré sur la tâche à accomplir.

Voici quelques points que vous pourriez vouloir surveiller :

Ne dites rien, montrez.

Parfois, énoncer quelque chose de factuel dans votre roman est nécessaire et il n’y a pas de problème à cela. Mais, autant que possible, essayez d’illustrer un point au lieu de vous contenter de l’énoncer.

Gardez à l’esprit les mots d’Anton Tchekhov : « Ne me dites pas que la lune brille. Montrez-moi l’éclat de la lumière sur du verre brisé. »

En bref : montrer illustre, tandis que dire se contente de relater.

Exemple :

Montrer : Alors que sa mère éteignait la lumière et quittait la pièce, Aiden se crispait. Il se blottit sous les couvertures, saisit les draps et retint son souffle alors que le vent agitait le rideau.

Dire : Aiden avait terriblement peur du noir.

« Dit » est votre ami.

Lorsqu’il s’agit de dialogue, on peut être tenté de pimenter un peu les choses en utilisant des alternatives comme « s’exclama », « affirma » ou « remarqua ». Mais peut-être que « dit » aurait simplement suffi.

Je ne dis pas qu’il ne faut jamais utiliser ces mots. Enrichir le vocabulaire est une bonne chose, mais seulement lorsque c’est pertinent de le faire.

« La simplicité est l’habit de la perfection » dit-on, et abuser d’expression non-naturelles peut vite rendre votre style pompeux et ennuyeux.

Évitez la « prose violette ».

Dans le même esprit que le conseil ci-dessous, la prose violette peut vite rendre votre style agaçant, voire pédant.

Ce style d’écriture se caractérise par des chaînes de mots multi syllabiques, des phrases interminables et des blocs de texte indigestes.

Il a pour effet de ralentir le rythme, brouiller le contenu et de risquer de perdre complètement le lecteur.

14. Travaillez avec des beta-lecteurs

À l’image des « beta-testeurs » (qui testent des produits en avant-première), un beta-lecteur est une personne qui lit un manuscrit avant sa publication afin d’apporter une critique à l’auteur du point de vue du lecteur.

Il s’agit généralement d’un ami, un membre de la famille, ou encore de quelqu’un que vous avez rencontré par le biais d’une communauté d’écrivains que vous auriez rejointe.

Travailler avec les lecteurs est crucial. En effet, il peut arriver que les auteurs passent à côté de certains problèmes au cours du processus d’écriture.

On peut citer notamment les erreurs d’intrigue, le manque de continuité, les décharges d’exposition (« exposition dump » en anglais : les passages d’une histoire où l’auteur donne une longue description, soit dans le récit soit dans le dialogue, où il « déverse » essentiellement un tas d’informations sur le lecteur d’un seul coup, au lieu de les révéler naturellement tout au long de l’histoire), etc.

Les beta-lecteurs peuvent vous aider à régler ces problèmes avant que vous ne publiiez votre roman (et que vous n’obteniez exactement les mêmes réactions, mais via un avis négatif publié sur Amazon…).

15. Engagez un éditeur professionnel

L’une des étapes les plus importantes pour préparer un roman à la publication est d’engager un éditeur.

En véritable expert dans son domaine, il saura repérer les failles de votre récit et optimisera vos chances de les corriger pour faire de ce dernier un succès.

Je vous le concède, ce n’est pas l’investissement le moins cher.

Mais si l’on pense aux nombreuses heures que vous avez passées à préparer votre roman jusqu’à présent, le coût de l’intervention d’un expert pour peaufiner votre histoire en vaut probablement la peine.

Nous voilà arrivés à l’issue de cet article-fleuve qui, je l’espère, vous permettra d’y voir plus clair sur les étapes de la construction d’un roman.

Si vous faites partie de ces nombreuses personnes s’étant lancées dans l’aventure, votre témoignage sera très précieux aux lecteurs de cet article. À quelle étape du processus êtes-vous généralement bloqué ? Quels conseils pourriez-vous donner aux autres écrivains qui ont du mal à mettre leur roman en route ? Comment êtes-vous parvenu jusqu’au bout de votre projet ? On vous écoute !

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