D’aussi loin que je ne m’en souvienne, je n’ai jamais parlé ici d’artistes travaillant le cristal. Pourtant, certains sont de véritables orfèvres en la matière.

C’est le cas de Richard Orlinski, qui ne se contente pas d’être doué mais qui imprègne également une véritable mythologie autour de ses créations.

Les œuvres d’Orlinski possèdent ce petit supplément d’âme qu’on aime retrouver dans le domaine de la création artistique. Elles sont de celles qui mêlent symbolisme, revendication et esthétisme, tout en demeurant relativement accessibles au tout-venant.

Tout son travail prend racine dans un concept qu’il a nommé Born Wild (« né sauvage »). L’idée derrière ce concept est de transformer l’énergie vitale négative en émotions positives, de basculer d’un instinct primal, archaïque, vers une émotion civilisée, une réflexion.

C’est pour cette raison qu’une partie des modèles de ses travaux repose sur des animaux sauvages.

Ses sculptures connues de crocodile, de gorille ou de panthère visent à refléter les aspects les plus instinctifs et impulsifs de la nature humaine. L’artiste, par son savoir-faire et sa vision (son art, en fait), est alors celui qui vient affiner ces impulsions dans la quête de la perfection.

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Symboliquement, le crocodile (un animal existant depuis des millions d’années), représente autant la férocité que la capacité de survie. Avec l’humain, il a en commun le cerveau reptilien, zone dénuée de mémoire et siège de nos pulsions de violence.

La panthère, quant à elle, personnifie le mystère et la sensualité, mais également la puissance et la vitesse.

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Sa sculpture la plus connue à ce jour se nomme Wild Kong en référence directe au singe géant King Kong.

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A gauche, le Wild Kong de Richard Orlinski. A droite, King Kong juché en haut d’un building à New York.

Il s’agit d’un gorille, soit un proche cousin de l’homme. Adoptant une posture menaçante et dominatrice, il vient nous interroger, en miroir, sur notre propre attitude vis à vis de lui. Où se situe réellement la barbarie ? Part-elle de lui et de sa force brute capable de nous détruire d’un seul coup de poing ? Ou bien est-ce nous, du haut de nos gratte-ciels, qui sommes les vraies menaces pour lui et l’ensemble de son espèce ?

On retrouve ainsi dans les sculptures de Richard Orlinski, et c’est propre aux créations artistiques un tant soit peu abouties, une réflexion qui transcende la simple dimension plastique.

Orlinski, digne successeur des artistes Pop-Art

Né à Paris en 1966, Richard Orlinski entre à l’École Nationale des Beaux-Arts dès qu’il en a l’âge. Ses études artistiques achevées, il décide de se consacrer à la sculpture.

Richard-OrlinskiDès lors, il n’aura de cesse d’explorer son art en le nourrissant des références Pop-Art qui ont bercé sa jeunesse.

Son style se veut innovant, en cela que ses œuvres se trouvent entre l’hommage tout en demeurant dans le cadre des tendances artistiques actuelles.

En utilisant des matériaux industriels et des systèmes de multiplication et de répétition, il amène à se poser des questions sur les codes de perception dans notre société consommatrice, critiquant par la même occasion la production en série dans l’art et la culture.

Sa série des jeans (l’un des produits les plus consommés au monde et symbole du vêtement occidental) en est l’une des illustrations les plus équivoques.

orlinski-jeansEn interrogeant la perception du spectateur face à l’art, ses sculptures explorent la compréhension à différents niveaux : l’impact visuel, l’iconographie populaire et les instincts.

Focus sur la sculpture à la pâte de verre

Les œuvres uniques de Richard Orlinski sont conçues à partir de divers matériaux et techniques créatives.

La résine, l’aluminium, le marbre, la pierre ou encore le bronze sont souvent mis en valeur dans ses créations. Il s’est également illustré dans le domaine de la cristallerie, en prêtant son talent à la maison Daum.

Chez Daum, l’artiste a façonné plusieurs pièces à partir de pâte de verre (aussi nommée « pâte de cristal »).

Très peu connue du grand public, la technique de la pâte de cristal est pourtant très ancienne (on en a même retrouvé dans les tombeaux des pharaons). Cette méthode a été perdue durant des siècles avant d’être à nouveau découverte au début du XXème par la cristallerie Daum. Elle a ensuite connue un succès fulgurant durant la période Art Nouveau.

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Quelques œuvres de Richard Orlinski

Les créations en pâte de verre de chez Daum résultent d’un processus très élaboré. Tout part d’une esquisse de l’objet réalisée par le sculpteur, qu’il va ensuite matérialiser en terre cuite. Cette sculpture en terre cuite est ensuite recouverte d’élastomère de façon à créer un moule représentant fidèlement l’objet.

Le moule ainsi obtenu est rempli de cire liquide chaude. Une fois refroidie, on se retrouve avec l’objet confectionné en cire. Ce dernier est à son tour recouvert de plâtre réfractaire pour créer un nouveau moule, lequel sera muni d’un trou afin que la cire puisse ensuite être extraite.

Pour se faire, on place le bloc de plâtre dans un four : la cire fondue s’évacue, créant ainsi un nouveau moule.

La phase « cristal » peut enfin commencer. On place alors des morceaux de cristal de formes et couleurs différentes (on appelle cela le groisil) dans des proportions bien définies. Une fois le moule en plâtre rempli de son groisil placé au four, le groisil fond, se mélange et créé ainsi des objets affichant des nuances de couleurs uniques pour chaque objet.

Une fois libéré de son moule, l’objet en pâte de verre reçoit des finitions à la main et est signé. Un processus certes long et complexe, mais qui permet d’obtenir davantage de liberté créative dans la confection que les cristaux traditionnels réalisés par des souffleurs de verre.

Que vous inspirent les œuvres de Richard Orlinski ? Partagez vos impressions sur son travail en commentaires !

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