La liberté de penser a longtemps été entravée par les gardiens des supposées « bonnes mœurs », les religions en tête. Face à ces empêcheurs de penser en rond, des individus ont lutté à travers les siècles pour protéger cette liberté essentielle. A partir du 16ème siècle, on les a appelé les libertins.

Si aujourd’hui une rencontre entre libertins est synonyme de partie fine entre adultes consentants, il n’en a pas toujours été ainsi.

A l’origine du mot « libertinage » s’inscrit une philosophie qui s’étend bien plus loin que cette connotation sexuelle à laquelle elle est réduite de nos jours.

Avant d’être un individu aux mœurs légères, le libertin est d’abord un libre penseur. « Libertin », d’ailleurs, vient du latin libertus qui signifie « affranchi ».

L’auteur Warren Chernaik en donne une définition intéressante, qui résume bien la mentalité des adeptes de ce mouvement :

Le libertinage est une philosophie de jeune homme, une rébellion des fils contre les pères. Les vertus conventionnelles de l’âge moyen – la discrétion, la prudence, la responsabilité, l’accumulation patiente de sagesse ou de biens matériels – sont rejetées d’emblée comme ne convenant qu’à ceux dont les sens ont été émoussés par l’âge ou l’incapacité naturelle.

Les libertins sont donc des personnes qui érigent la jouissance en principe de vie absolu, et rejettent les traditionnelles valeurs religieuses qui régissent la société de cette époque.

J’ai eu envie de parler de ce sujet car les libertins, dans une certaine mesure (je précise !), incarnent une idée de liberté intellectuelle aux fondements d’Out the Box.

L’histoire du libertinage

Le libertinage trouve ses racines dans la littérature italienne du 16ème siècle. Il s’exporte ensuite en France au siècle suivant, chez les nobles qui peuplent la cour du roi.

Cependant, c’est véritablement au 18ème siècle que le courant libertin connaît son essor avec de nombreux romans décrivant des personnages débauchés et iconoclastes.

Diderot, Voltaire, Choderlos de Laclos (auteur des Liaisons Dangereuses) sans oublier l’emblématique Marquis de Sade en  sont les principales figures en France. En Italie, impossible de ne pas citer Giacomo Casanova qui prête aujourd’hui encore son nom aux séducteurs notoires.

Casanova

Casanova, sans doute le libertin le plus célèbre hors des frontières de l’hexagone

Dans leur fameuse Encyclopédie, Diderot et d’Alembert définissent le libertinage comme « l’habitude de céder à l’instinct qui nous porte aux plaisirs des sens ». Face à une religion qui impose l’austérité, la répression des désirs et le culte divin, le libertin est anticonformiste et ne suit que ses propres règles.

Il est, en cela, un héritier de la philosophie épicurienne basée sur l’hédonisme, à savoir la recherche du plaisir comme principe moteur de l’existence terrienne. Mais il puise aussi ses influences dans les courants humanistes et baroques à bien des égards.

Terminons ce paragraphe sur ce passage tiré de l’excellent article d’Aurélie Depraz consacré au libertinage, qui  à mon sens résume parfaitement le profil du libertin :

Ce sont de beaux-esprits, des poètes, des incrédules, des irréligieux, des médecins, des écrivains, des mathématiciens, des penseurs ouverts et curieux, qui ont tous pour point commun d’aspirer à une plus grande tolérance et à une plus grande indépendance. Pierre Gassendi, Théophile de Viau, Cyrano de Bergerac (le vrai !), figurent parmi les plus célèbres d’entre eux. Nombre de ces esprits libres souffriront des affres de la censure, de l’emprisonnement, de l’exil, voire même de la peine capitale.

Le libertin, un héros libre-penseur ?

Sur le papier, cette philosophie semble séduisante : le libertin serait ainsi un être intellectuel, libre et qui jouit de la vie sans autre morale que la sienne.

Il ne faut cependant pas oublier les moyens que celui-ci emploie pour arriver à ses fins. Le libertin est un individu amoral qui ne pense fondamentalement qu’à lui même.

Sa priorité, c’est d’abord son seul plaisir. Il est bien souvent égoïste et hypocrite.

Pour obtenir ce qu’il veut, il n’hésite pas à utiliser des ressorts peu flatteurs tels que la séduction, la tromperie, la flatterie, le mensonge

Malgré ces défauts, il faut reconnaître que la liberté de penser ne serait sans doute pas ce qu’elle est aujourd’hui sans l’apport de cette mouvance libertine.

C’est à vous ! Connaissiez-vous l’origine du libertinage ? Que pouvez-vous apporter de plus pour enrichir cet article ? Partagez vos opinions et savoirs en commentaires !

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