C’est un étrange phénomène dont vous avez peut-être fait l’expérience vous-même. Le temps, cette donnée pourtant immuable et perpétuelle, semble s’accélérer à mesure qu’on prend de l’âge.
Évidemment, le fait de vieillir ne nous permet pas de dévier la course du temps. Alors d’où vient cette impression bizarre ?
Le psychologue William James proposait un début d’explication dans son ouvrage Principes de Psychologie paru en 1890… et celui-ci est plutôt triste, je trouve.
Selon lui, le temps semble s’accélérer quand on vieillit car il est de moins en moins marqué par des évènements mémorables.
En effet, on mesure communément le passage du temps grâce à ces moments et notamment nos « premières fois »: 1er jour d’école, 1ères vacances, 1er baiser, etc.
Mais arrivé à l’âge adulte, ces épisodes marquants s’espacent considérablement. Conséquence: les jours se ressemblent, et avec eux les années. C’est la fameuse routine de la vie qui nous conduit à ne plus voir passer le temps.
Un phénomène subjectif vérifié par la science
Au début des années 60, deux chercheurs du nom de Wallach et Green ont étudié ce phénomène. Pour cela, ils ont rassemblé deux groupes de sujets.
L’un était constitué de personnes jeunes (18-20 ans) et l’autre d’individus plus âgés (71 ans d’âge moyen).
Le test consistait à observer la réaction de ces groupes face à des métaphores concernant le temps.

Les scientifiques ont constaté que les jeunes gens choisissaient spontanément des métaphores statiques pour décrire le temps qui passe (ex: « le temps est un océan calme et immobile »).
Les sujets âgés, à l’inverse, décrivaient le temps en utilisant des métaphores rapides (ex: « le temps est comme un train filant à vive allure »).
Ce constat a été appuyé par une autre recherche menée en 1990 par le scientifique Charles Joubert. Au cours de cette étude, les jeunes sujets affirmaient s’attendre à voir le temps passer plus vite lorsqu’ils vieilliraient.
Temps qui s’accélère: les différentes hypothèses
1. Les événements marquants
La première explication, déjà abordée plus haut, est celle concernant ces fameux évènements marquants qui s’espacent à mesure qu’on avance dans la vie. Comme William James l’a théorisé, nous mesurerions les intervalles de temps passés en nous basant sur que nous serions capables de nous rappeler de ces périodes.
L’enfance et l’adolescence seraient ainsi propices aux souvenirs marquants car ces périodes sont riches en évènements.
2. Le ressenti de la quantité de temps passé varie en fonction de l’âge de l’individu
Pour un enfant de 5 ans, une année représente 20% de sa vie. Pour une personne de 50 ans, une année n’est que l’équivalent de 2% de sa vie.
Cette « théorie du ratio » suggère que nous comparons constamment les intervalles de temps avec le temps total de notre existence.
3. Notre horloge biologique ralentit avec l’âge
Une autre hypothèse voudrait que le fait de vieillir dérèglerait notre horloge interne.
Notre perception du temps en serait alors affectée, nous conduisant à ressentir celui-ci plus lentement qu’une personne jeune.
4. En vieillissant, nous prêterions moins attention au temps
Souvenez-vous lorsque vous étiez enfant et que le mois de décembre s’amorçait: vous décomptiez avidement les jours qui vous séparaient de Noël.
Arrivé à l’âge adulte, vous êtes plutôt concentré sur les cadeaux à acheter, la préparation des réveillons, les factures et tout ce qu’implique traditionnellement cette période de l’année.
Plus notre attention est accaparée par ce genre de détails, moins notre perception du temps est accrue.
L’attente qu’expérimentent les enfants leur fait ressentir le temps comme tournant au ralenti. Les adultes ayant au contraire « la tête dans le guidon », ils ont l’impression que le temps passe rapidement.
5. Le stress accentuerait le phénomène
Une étude menée par les chercheurs Wittman et Lehnhoff s’est penchée sur cet étrange phénomène. Elle a conclu que le sentiment que le temps manque pour accomplir tout ce qui doit l’être pourrait être réinterprété comme l’impression que celui-ci passe trop vite.
Même les personnes retraitées (et donc libérées des contraintes temporelles qu’implique une activité professionnelle) continueraient de ressentir cette « accélération virtuelle ».
Toutefois, remettons les pendules à l’heure en gardant à l’esprit qu’il ne s’agit que d’une expérience subjective. Alors prenons un petit moment pour ralentir la cadence et profiter de l’instant présent.
En définitive, il reste le seul sur lequel nous avons un pouvoir d’action. Pensez-y !
Et vous, vous êtes-vous déjà fait cette réflexion que le temps semble vous filer entre les doigts à mesure que vous vieillissez ? Partagez votre expérience en commentaires 😉


