Vous ne l’avez peut-être jamais lue, mais vous la connaissez tout de même: l’histoire de Robinson Crusoé.

Le célèbre roman de Daniel Defoe paraît en 1719 et connaît très rapidement le succès, porté par son parfum d’exotisme et d’aventures lointaines très apprécié à l’époque.

Mais saviez-vous que ce récit n’était pas entièrement né dans l’imagination de Defoe ?

L’inspiration du roman est en effet basé sur une histoire vraie, celle d’un marin écossais nommé Alexander Selkirk. L’homme a survécu sur une île du Pacifique durant 4 ans et 4 mois avant d’être finalement secouru par un navire de passage.

Alexander Selkirk, le marin aventurier

L’histoire d’Alexander Selkirk commence (ou se termine, selon le point de vue qu’on adopte) le 1er Février 1709.

Ce jour là, un bateau passe à proximité de l’île de Más a Tierra. Il s’agit de la plus grande île de l’archipel Juan Fernández, située à environ 650 km à l’ouest des côtes chiliennes. Aujourd’hui, l’île a été rebaptisée « Robinson Crusoe » en l’honneur de son célèbre naufragé et l’une des autres îles de ce groupe a également été renommée « Alejandro Selkirk ».

En 1695, Selkirk (ou Selcraig, selon les versions) a 19 ans lorsqu’il quitte son Écosse natale. Il prend la mer suite a des soucis avec la justice pour « tenue indécente dans une église », mais c’est en navigateur expérimenté qu’il débarque sur l’île en octobre 1704.

A ce moment, le navire sur lequel il vogue, le Cinque Ports, est en bien piteux état. Très endommagé après plusieurs batailles contre l’empire Espagnol, il est également infesté de vers qui rongent peu à peu sa coque.

Le capitaine Thomas Stradling décide de s’arrêter sur l’île pour renflouer les réserves d’eau et de nourriture. Mais plus que cela, l’équipage a surtout besoin de réparer le Cinque Ports s’il veut continuer sa route dans des conditions sûres. C’est ce que Selkirk tente de faire entendre à Stradling, en vain.

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Une vue de l’île Robinson-Crusoe

En conséquence, Selkirk refuse de remonter à bord (non sans avoir tenté de convaincre les autres membres de l’équipage de rester avec lui sur l’île). Malheureusement pour lui, tout le monde refuse de rester et Selkirk se retrouve seul sur Màs a Tierra. Il tentera bien de revenir sur sa décision, mais son capitaine est trop heureux de pouvoir se débarrasser d’un mutin.

Décider de rester sur une île déserte peut sembler stupide à première vue. Et pourtant, mieux vaut se trouver sur une île bien approvisionnée en eau et en nourriture que sur un navire qui peut sombrer à tout moment au milieu de l’océan.

Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs exactement ce qui est arrivé au navire. Peu de temps après avoir abandonné Alexander Selkirk à son sort, le Cinque Ports a coulé au large de la côte du Pérou. La plupart des 41 membres de l’équipage (qui comptait à l’origine 90 marins lorsqu’il a quitté son port d’origine) périrent lors du naufrage. Seuls huit membres y ont survécu, dont le capitaine. Ils ont réussi à nager jusqu’à une île proche de l’endroit où le navire a coulé, mais ont ensuite été capturés par les espagnols qui les ont emprisonnés et torturés. Seul le capitaine réussit à s’en sortir et à regagner la Grande-Bretagne.

Mais revenons en à Selkirk.

Survivre seul en milieu inconnu

alexander-selkirk-ileAu départ, celui-ci pense qu’un navire passera assez rapidement pour lui permettre de quitter Màs a Tierra. Mais il comprend vite que ces derniers ne sont pas monnaie courante dans ce coin du Pacifique. Les fournitures qu’on a daigné lui laisser comprennent un fusil, un mousquet, de la poudre, un couteau, une Bible, du couchage, quelques outils et un peu de tabac.

Heureusement pour lui, l’île peut parfaitement subvenir à ses besoins. Il s’y trouve beaucoup d’eau potable tandis que des chèvres sauvages (introduites lors de précédentes expéditions), des phoques, des crustacés, des navets sauvages et des choux lui apportent de quoi se nourrir convenablement.

Cependant, l’île est également envahie par les rats.

Les rongeurs deviennent immédiatement un véritable problème pour lui. Lorsqu’il essaye de dormir, les rats rongent ses vêtements, sa couche et même ses pieds. Heureusement, l’île comprend aussi une grande population de chats sauvages. Il en domestique quelques-uns en leur fournissant régulièrement de la nourriture, et les chats tiennent les rats à distance pendant qu’il dort.

Ainsi, si ce n’est la solitude, il vit assez confortablement tout au long de son temps sur l’île. Au début, il tue des chèvres en utilisant son arme. Mais quand la poudre à canon vient a manquer, il se met à les chasser avec les moyens du bord. Au total, il estime avoir tué environ cinq cents chèvres durant son périple pour manger et se vêtir.

Sa vie n’a véritablement été menacée qu’à deux reprises.

La première fois, il est tombé d’une falaise en poursuivant une chèvre. Il a été blessé, mais a réussi à atterrir sur la chèvre pour amortir la chute. Selkirk a été assommé par la chute et ne s’est pas réveillé pendant presque une journée entière.

La deuxième fois, il s’est mis en danger en faisant signe à des navires espagnols. Lorsqu’il a réalisé qu’il s’agissait de l’ennemi, il était déjà trop tard: les balles ont commencé à pleuvoir et notre Robinson a du se réfugier dans les profondeurs de l’île. Les espagnols l’ont pourchassé dans toute l’île, mais ont finalement renoncé en ne le trouvant pas.

Épilogue…

Enfin, le 1er Février 1709, deux navires approchent du rivage où les attend l’homme qui inspirera Robinson Crusoé. L’équipage est mené par le capitaine Woodes Rogers et inclut le célèbre explorateur William Dampier.

A la vue des bateaux, Selkirk leur fait signe en allumant un grand feu et les navires accostent. Cette fois-ci, ce sont des compatriotes qui viennent à sa rencontre. Et il leur sera d’une grande aide puisque plusieurs membres de l’équipage souffrent du scorbut. Selkirk leur fournit la nourriture nécessaire à leur rétablissement, notamment des fruits (le scorbut étant lié à une carence en vitamine C, présent en abondance dans certains fruits).

Il entra tellement dans les grâces du capitaine que celui-ci le nomma premier lieutenant lorsqu’ils quittèrent l’île. Un peu plus tard, il fut même promu capitaine de l’un des deux navires pour le reste du voyage.

A son retour à Londres en 1711, Selkirk fait écrire son histoire et acquiert rapidement une petite notoriété. Il reviendra dans sa ville d’origine (Lower Largo, en Écosse) et y fera la rencontre d’une jeune femme. Les deux amants retournent sur Londres mais Selkirk reste marqué par la solitude vécue sur l’île.

Il finira par repartir en mer et y mourut en 1721, près des côtes africaines, vraisemblablement de noyade ou de fièvre.

Aujourd’hui, on lui doit l’inspiration d’un des récits d’aventures les plus célèbres au monde. Et rien que pour cette raison, il méritait bien de figurer dans les pages d’Out the Box !

Et vous, connaissiez-vous l’histoire d’Alexander Selkirk ? Qu’est-ce qu’elle vous inspire ?

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3 Réponses

  1. LIZE

    J’aimerais connaître l’auteur de ce texte car j’ai des documents inédits sur cette histoire!
    P.L

    Répondre

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