L’Asie regorge d’artistes au travail remarquable. Souvenez-vous par exemple de Liu Bolin, ou de Tang Yau Hoong dans un registre plus léger.

Celui que je vais vous présenter aujourd’hui utilise un matière première bien insolite pour réaliser ses créations. Mais ne vous méprenez pas: si Young-Deok Seo utilise des chaînes pour réaliser ses œuvres d’art, il ne produit pas pour autant de l’art à la chaîne!

Cet artiste Sud Coréen a donc choisi de s’exprimer au travers de représentations humaines qu’il matérialise avec des chaînes de vélo. Il peut passer des mois à confectionner ses travaux étranges et fascinants à la fois.

Mais pourquoi ce matériau insolite, me direz-vous? Comme bien souvent, ce choix n’est pas anodin.

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Une humanité dépendante au matériel

Le travail de l’artiste a pour ambition de refléter la « contamination » de l’espèce humaine par les biens matériels. Par sa vision de ce consumérisme envahissant, il souhaite révéler toute la souffrance que ces possessions nous causent.

Pour exprimer cela, il utilise donc des chaînes. Les chaînes ont été créées en masse, et pourtant elles ne restent qu’un accessoire, une simple partie d’une machinerie bien plus imposante… Tout comme l’humain, selon l’artiste.

Ainsi, il considère chaque maillon comme une cellule humaine; l’ensemble formant, in fine, tout ou partie d’un corps humain. En définitive, la forme de cet être a été créée à partir de la contamination des matériaux de notre monde actuel.

Ce qui est frappant dans le travail de Young-Deok Seo, c’est la puissance émotionnelle qui se dégage de ses œuvres. Nombreuses sont celles évoquant la douleur et la perte; Certaines sont sans visages, d’autres dans des positions de deuil, d’autres encore brisées sur le sol de la galerie.

En un sens, on peut comprendre cet assemblage de chaînes comme une métaphore d’un monde, d’une humanité manufacturée et brisée. Comme le maillon d’un chaîne, l’individu serait ainsi inutile et ne trouverait son utilité qu’associé à ses congénères. Une vision bien pessimiste que je ne partage pas (du moins, pas en totalité), mais qui à le mérite de faire réfléchir !

L’artiste explique:

Nous avons à traiter avec beaucoup de relations dans notre société ultra-concurrentielle. Et à partir de ces relations, nous désirons des biens matériels. Pour dépeindre l’humanité tel un être lié à beaucoup de choses autour de lui, j’utilise le matériel qui est à la fois attaché (sous entendu: de force) et connecté à l’autre … . Le matériel restreint et étouffe l’autre. De cette manière, la dépendance de l’homme moderne à la matière peut ainsi se voir comme un thème principal.

Une façon bien à lui de nous inciter à nous libérer de nos chaînes ! Et vous, que vous inspire son travail et sa réflexion ?

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