Cela faisait longtemps que l’idée d’un tel article me trottait dans la tête. Existe-il vraiment un lien entre la consommation de drogues et la créativité ? Et que dit la science à ce sujet ?

Plutôt que de partir sur une analyse exhaustive des effets des différentes drogues sur la stimulation de la créativité, j’ai choisi de me limiter au cannabis.

Pourquoi lui en particulier ?

Parce-qu’au delà d’être un sujet d’actualité (certains candidats à l’élection présidentielle proposent sa dépénalisation ), il s’avère être la drogue la plus largement consommée au monde.

Rien que dans l’hexagone, ce ne sont pas moins de 700 000 français qui avouent en consommer chaque jour. La France est même le 1er pays d’Europe en termes de consommation de cannabis.

C’est aussi l’une des plus accessibles à se procurer ou à cultiver soi-même (acheter de la graine de cannabis en ligne n’étant pas la chose la plus compliquée au monde).

Bien entendu, cet article n’a pas pour vocation de vous encourager à consommer de la drogue, aussi « douce » soit-elle.

Mais sur Out the Box on ose parler de tout parce qu’on est ouvert d’esprit. Et l’ouverture d’esprit est justement au centre du débat puisque la consommation de cannabis semblerait l’encourager.

Alors, lien réel ou effet placebo ? C’est ce que nous allons essayer de déterminer dans les lignes qui suivent !

Cannabis et créativité : une longue histoire d’amour

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Les effets du cannabis sur le cerveau

Beaucoup d’illustres personnages reconnus pour leur créativité ont avoué avoir été des aficionados de la marijuana.

Parmi ces personnalités créatives, on peut citer par exemple :

– Carl Sagan (Astronome)
– Salvador Dali (Artiste peintre)
Steve Jobs (businessman)
– William Shakespeare (écrivain)
– William Burroughs (écrivain)
– Hunter S.Thompson (journaliste / écrivain)
– Charles Baudelaire (poète)
– et un nombre incalculable de musiciens (vous avez dit Bob Marley ?) et d’acteurs de cinéma !

La plupart d’entre eux en ont visiblement retiré des avantages au vu de leurs œuvres respectives. Certains ont même admis qu’au delà de les rendre plus créatifs sur le moment, le cannabis avait libéré chez eux des blocages créatifs ancrés depuis longtemps.

Dans une interview, Steve Jobs admettait par exemple que « la meilleure façon de décrire l’effet de l’herbe (sur lui) était qu’elle le détendait et éveillait sa créativité. »

Il n’a pas été le seul à émettre cette opinion, mais une question demeure. Le cannabis a-t-il le pouvoir de nous rendre plus créatifs, ou plutôt nous donne-t-il l’impression de l’être davantage (en levant certaines inhibitions) ?

En réalité, la science n’est pas unanime sur ce sujet. Pourtant, un certain nombre d’études suggèrent qu’une forte connexion existe entre la prise de stupéfiants et l’accroissement du potentiel créatif.

Une notion relative à ce lien se distingue notamment : l’Hyper-Priming.

L’Hyper-Priming, la compétence miracle des drogués créatifs !

Une étude conduite en 2010 a démontré que la propriété principale du cannabis est de développer une capacité appelée « hyper-priming ».

Concrètement, il s’agit d’un phénomène qui survient lorsque le cerveau créé une connexion entre deux idées a priori sans relation.

C’est pourquoi, sous l’influence du THC (Tétrahydrocannabinol, le composant psychoactif du cannabis), les consommateurs sont capables de créer davantage de ces connexions, et plus rapidement qu’en étant sobres.

Mettre en relation des concepts à première vue sans liens… Ne serait-ce pas la définition même de la créativité ?

Ajoutons aussi que cette capacité d’hyper-priming a aussi pu être décelée chez des individus souffrant de schizophrénie et d’Alzheimer (dans son stade précoce).

Est-ce à dire que consommer du cannabis nous expose forcément à ces maladies ? Non, évidemment. Cela signifie surtout qu’un état de conscience modifié (rappelez-vous l’état de flux) peut engendrer une plus grande créativité.

Vaughan Bell, un psychologue ayant étudié l’effet du cannabis sur l’esprit créatif, confirme la théorie de l’effet d’hyper-priming :

Puisque le cannabis facilite la libre circulation des idées chez ceux qui en consomment, les chercheurs ont décidé de tester ces derniers pour déterminer s’ils expérimenteraient l’hyper-priming. Ce fut effectivement le cas. Les sujets sous l’influence du cannabis ont montré une nette tendance à exploiter cette capacité comparé au groupe test.

Un autre rapport d’étude, plus ancien (2000), suggère qu’un cerveau sous l’emprise de substances psychotropes parvient à se libérer plus facilement des façons de penser conventionnelles. Et donc, augmente la propension à générer des idées « out of the box » !

Une autre caractéristique de la consommation de cannabis serait d’encourager notre capacité à nous émerveiller. Des études l’ont d’ailleurs récemment démontré.

Hors, cette aptitude est aussi une composante essentielle de la créativité. S’arrêter sur quelque chose qui nous fascine (un paysage, un œuvre d’art, un concept…), la contempler, laisser les idées diverger et l’inspiration nous gagner…

L’émerveillement produit une mécanique qui nous amène à mettre en lien diverses idées. C’est pourquoi le cannabis (tout comme d’autres drogues), en nous permettant de penser dans un plus large spectre, est parfois générateur de grandes révélations.

Digressions sur l’art

L’herbe ou la résine de cannabis serait donc non seulement un outil de choix pour créer, mais aussi pour apprécier ou étudier l’art.

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Drogue, art et créativité

Je conclurai cette réflexion en citant Jason Silva, une personnalité vénézuélienne. Son passionnant article paru dans le huffpost m’a en effet bien inspiré pour rédiger celui que vous lisez en ce moment.

Et en toute franchise, je doute de pouvoir mieux expliquer que lui l’effet du cannabis sur les perceptions sensorielles 🙂 :

Comme je l’ai déjà évoqué, la marijuana renforce notre capacité à nous émerveiller. D’une façon mystérieuse et anormalement récurrente, la weed (l’herbe) peut induire une sorte « d’extase synesthésique ». Celle-ci provoque un assouplissement des frontières généralement fermes qui séparent nos cinq sens. Cela permet alors une « interprétation » et une « intériorisation » étendue, plus profonde et « en dehors du temps » d’une expérience instantanée.

Imaginez le moment présent comme un accordéon plié en temps normal, révélant seulement une fraction de ce qui peut être visible. Ce que fait l’herbe, c’est qu’elle déroule cet accordéon du moment présent en affinant notre attention, en divergeant nos pensées, en relâchant notre tunnel de réalité, en augmentant notre amorçage sémantique, en supprimant nos jugements et en ralentissant la façon dont nous percevons le temps.

Subjectivement, cela se manifeste dans la perception que les sentiments suscités par l’art et la musique sont en fait les sentiments RÉELS que l’artiste ressentait, d’une manière ou d’une autre, « capturés » par l’œuvre et maintenue en « communion statique » par la toile, ou l’enregistrement musical, ou la caméra… et maintenant capable de nous ravir et de nous enchanter indéfiniment.

Nous sentons (et reconnaissons de façon appropriée) les émotions de l’artiste, nous appréhendons les sensations dénuées de mots et pourtant génératrices d’émotions, qui ont été parfaitement traduites de l’expérience intérieure de l’artiste en une forme communicable. C’est pour cette raison que nous disons que « la musique communique l’incommunicable », ou que « l’art éveille certains sentiments qui ne peuvent pas être exprimés verbalement avec précision », ou encore « qu’une image vaut mille mots ».

Finalement​, l’art peut se voir comme un outil de communication que la consommation de cannabis peut aider à comprendre.

C’est à vous ! Quel est votre avis sur cette relation entre le cannabis et l’exploitation de sa créativité ? En avez-vous personnellement fait l’expérience ? Dites nous tout en commentaires (votre témoignage pourra rester anonyme) !

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